Couture, Humeur, Théorie

Les masques en tissu : oui mais …

Depuis le début du confinement, on voit de plus de plus de posts de personnes qui fabriquent des masques en tissus pour elles-mêmes et parfois pour les autres, de diverses formes et de toutes les couleurs, à croire que cela devient le dernier accessoire à la mode. Aujourd’hui j’ai même vu une personne posant avec un masque assorti à ses vêtements.

Faire un masque pourquoi pas, mais il semble y avoir quelques règles à respecter.

Pour avoir un avis complet d’un ingénieure textile sur les masques en tissus, il y a l’article de couture et paillettes.

Le meilleur tissu à utiliser semble être le coton, en 2 ou 3 couches. Le principe étant de laver ensuite les masques à 60°C après usage. Alors d’un côté tant mieux si les motifs sur les tissus permettent d’apporter un peu de positif à certaines personnes, mais j’ai un doute sur le fait que ces jolis imprimés finissent en très bon état après quelques lavages à cette température. Et j’ai l’impression que la fabrication et distribution par une personne de la ville dans laquelle j’habite de masques dans un tissu imperméable et occultant (un ancien double rideau ? ) est une fausse bonne idée car ça n’a pas l’air possible de laver ce type de tissu à cette température. Mais l’idée était peut être plus de se faire valoir sur Facebook que de créer des masques réutilisables, puisqu’en ce moment sur les réseaux sociaux, c’est le concours de celui ou celle qui se montrera le plus généreux.

Concernant la forme du masque, l’AFNOR, association française de normalisation a publié des recommandations. Il suffit de carrés de tissus de 20 cm pour fabriquer la version de masque à plis. Au début, on voyait beaucoup de masques avec une couture au milieu (couture sagittale), mais l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité Médicale) à proscrit ce type de masque depuis le 20 mars. S’il vaut mieux éviter d’avoir une couture au milieu, je suppose qu’il vaut mieux aussi éviter de broder un message sur le masque comme ce que j’ai pu voir ces derniers jours. Les masques ne sont pas faits pour être beaux mais pour protéger, c’est dommage d’en faire des accessoires de mode au détriment de leur usage premier.

Le document indique aussi deux options pour les élastiques : ceux qui passent derrière les oreilles et ceux qui passent derrière la tête. Je ne comprenais pas l’intérêt de la seconde au début, d’autant plus que cela nécessite plus d’élastique, même si c’est la version que j’ai réalisé « par erreur ». Mais quand je vois le nombre de personnes qui se plaignent d’avoir mal aux oreilles après le port du masque (sur une durée assez longue quand même) et les dispositifs inventés pour éviter que les élastiques serrent derrière les oreilles, je comprends mieux l’idée!